Le plaisir retrouvé d’un objectif 50mm


Après avoir sombré dans l’oubli un certain temps, les objectifs 50mm font un retour.

Sans doute que la nostalgie y est pour quelque chose, ou encore le désir de se rapprocher d’une forme de photographie plus pure. Mais en termes plus pratiques, la popularité du 50mm est grandement aidée par le fait que ces objectifs sont abondants, relativement peu chers et disponibles dans toutes les gammes, du simple au sophistiqué, du complètement automatique au 100% manuel.

Quand on sait que les DSLR aujourd’hui sont majoritairement livrés avec des zoom qui offrent une énorme flexibilité, comment expliquer ce goût de certains photographes pour des objectifs à focale fixe?

Un objectif «normal»

D’abord, il faut rappeler que durant de nombreuses années, en fait tout le temps où le film 35 mm dominait la photographie, un 50mm était un objectif «normal». Normal dans la mesure où son angle de vision correspond à peu près à celui où un humain concentre son attention.

Les appareils photo étaient donc tous livrés avec un 50mm, les fabricants en ont produit des millions.

Comparé à un zoom, une focale fixe offre généralement une qualité optique supérieure et une plus grande luminosité. Attention: il ne faut pas conclure pour autant que les zoom sont de mauvais objectifs, mais les zoom font des compromis pour nous offrir la possibilité d’utiliser un objectif unique qui est à la fois un grand-angle, un «normal» et un téléobjectif.

Par contre, la commodité du zoom est indiscutable. Un seul objectif à traîner partout, qu’on peut utiliser dans toutes les conditions, c’est de loin moins encombrant qu’un sac avec trois ou quatre objectifs qu’on passera son temps à monter et démonter de sur la caméra. D’autant plus que le gain en qualité d’image est marginal.

Des atouts créatifs

Mais au-delà de la qualité d’image, et de la commodité, il faut considérer aussi la nature même des images, et tout le potentiel créatif des grandes ouvertures et de la profondeur de champ restreinte. Une 50mm avec une ouverture de f/1,8 (ou encore mieux, une f/1,4) offre la possibilté de rendre le sujet très net et de rendre tout l’environnement flou. En prime, les amateurs de bokeh seront gâtés puisque tous les points de lumière hors foyer prendront un aspect diffus très apprécié.

Il faut bien admettre aussi que l’utilisation d’une focale fixe oblige à «zoomer avec ses pieds», c’est-à-dire s’approcher ou s’éloigner du sujet pour agrandir ou rapetisser le cadrage.

Équipé d’une 50mm et de rien d’autre, vous serez contraint de bouger vos pieds constamment à la recherche de nouveaux cadrages, points de vue et perspectives. Ça aussi, c’est de la pure photographie. Essayez-le!