Profitez de la nuit...

Tout est différent la nuit. Il suffit de sortir marcher dans l'obscurité pour sentir tout le changement d’ambiance qui se produit. Il y a la tranquillité, les silences, et, ce qui nous intéresse encore davantage, la lumière.

Les tons chauds du soleil et les bleus du ciel sont remplacés par le clair de lune, et la couleur devient moins saturée. À moins de se trouver en pleine nature, on se retrouve aussi entouré de nombreuses sources de lumière artificielle. Des lieux familiers deviennent méconnaissables. L'ombre et la lumière se disputent notre champ visuel. Partout autour de nous le paysage est transformé.

Quelle formidable opportunité de faire des photos, que vous dites? Vous avez raison! Évidemment, cela exige certaines précautions techniques: faisons une «check-list» des points à considérer.

Des sources de lumière multiples

D'abord, la balance des blancs. L'ajustement de la balance des blancs est facile à oublier. Pas étonnant parce qu'à la lumière du jour, le réglage AUTO des appareils fonctionne très bien. Même les amateurs avancés et les pros ont tendance à utiliser la balance des blancs automatique car les fichiers RAW qu'ils utilisent sont ajustables au post-traitement.

La nuit, il faut des précautions supplémentaires pour obtenir l'effet que vous souhaitez. D'abord, le ciel lui-même n'est jamais tout à fait noir, spécialement si vous exposez pour qu'on en perçoive les lueurs. Il est préférable d'expérimenter.

Ce qu'il faut surtout retenir au sujet des couleurs la nuit, c'est que la grande majorité des scènes, spécialement les paysages urbains, seront éclairés par beaucoup de sources lumineuses différentes. L'éclairage de rue, celui des magasins, les lumières domestiques et le clair de lune se mélangent.

Il n'y a pas nécessairement de «bon» ou de «mauvais» rendu des couleurs nocturnes, mais certaines sources lumineuses peuvent provoquer des teintes indésirables. Les caméras offrent habituellement quelques choix en plus du «A» de la sélection automatique. Assurez-vous d'obtenir un résultat qui vous plaît en essayant les diverses options manuelles.

En quête de lumière

Qui dit photo de nuit dit aussi faible lumière. Cela implique que vous voudrez probablement augmenter l'indice ISO de votre appareil et que votre vitesse d'obturation sera plutôt lente. C'est donc essentiel d'être muni d'un trépied, ou encore, au minimum, d'un endroit stable pour poser la caméra pendant la prise de vue.

Pensez aussi à utiliser votre déclencheur à retardement ou une télécommande pour éviter de faire bouger l'appareil en pesant sur le déclencheur. Certains appareils à mise au point automatique refuseront de déclencher s'ils ne «voient» pas de sujets sur lequel faire la mise au point: il faudra alors faire une mise au point manuelle.

Même si les capteurs sur le marché d'aujourd'hui sont remarquables, ils ont des limites en faible lumière. Au delà d'un certain indice ISO, la qualité de vos images en souffrira. La plupart des appareils ont un seuil maximum à ne pas dépasser: faites quelques tests dans le confort de votre maison afin de trouver le seuil que vous jugez acceptable. Ainsi, sur le terrain, vous saurez à quoi vous en tenir.

Contrôlez le bruit

Et même si vous prenez des précautions en choisissant la valeur ISO, il y aura probablement des zones très sombres dans vos images où vous verrez apparaître des minuscules points blancs ou colorés. Ces points sont produits par des pixels qui n'arrivent pas à former une image parce qu'ils ne reçoivent pas assez de lumière. On dit alors qu'ils créent du «bruit», un peu à la manière d'une vieille radio qui n'est pas sur la bonne fréquence. Beaucoup de caméras ont des réglages destinés à atténuer l'effet du «bruit» optique. Consultez

votre manuel et assurez-vous de les utiliser. La majorité des logiciels de post-traitement ont aussi des outils de réduction de bruit. Si vous faites beaucoup de photos nocturnes, il se vend même des «plug-ins» spécialisés à cet effet.

Gare à l’ouverture

Enfin, on serait tenté de choisir l'ouverture du diaphragme qui résulte de la vitesse et de l'indice ISO de son choix, mais il faut aussi considérer l'effet du diaphragme, non seulement sur la profondeur de champ, mais aussi sur le rendu des sources lumineuses ponctuelles qui se trouvent dans votre cadrage.

Selon l'ouverture du diaphragme, une simple ampoule lumineuse peut devenir une ou plusieurs sphères lumineuses perdues dans le fond de l'écran, ou encore prendre la forme d'une étoile qui irradie de la lumière sur toute la photo. Testez le rendu que vous obtenez avec diverses ouvertures et vous apprendrez vite à contrôler cet effet.

Si tout cela semble un peu compliqué à première vue, vous serez vite récompensé de vos efforts en réalisant des photos vraiment remarquables. Et en observant vos résultats, vous raffinerez vite votre technique ...et deviendrez un maître de l'obscurité!