Tourner des images avec des sources d’éclairage variées

Dans la vie de tous les jours, il est très rare que l’on considère la lumière qui nous entoure. Si on ne voit pas bien, on allume une lampe ou on attend que nos yeux s’ajustent, pour les plus paresseux d’entre nous.

Or, quand on doit faire des images, il devient primordial d’aiguiser son sens de la lumière afin de mieux contrôler celle qui se rendra dans votre cadrage. C’est ce que nous appellerons: placer notre cerveau en mode «directeur photo», pour reprendre un terme de cinéma.

Une bonne façon d’apprivoiser et de contrôler vos prises de vues est de surveiller d’où provient la lumière qui éclaire votre cadrage et d’en reconnaître la source. En effet, toutes les lumières ne sont pas égales pour l’oeil d’une caméra.

Contre-jour = écart d’exposition

Pour montrer les nuances que l’on peut créer lorsqu’on place une personne dans le cadrage, nous avons utilisé une poupée.

Dans l’image de gauche, elle est placée à l’ombre et le soleil est derrière elle. Comme l’arrière-plan est beaucoup plus lumineux que son visage, elle pourrait avoir l’air de nous parler d’un secret. C’est d’ailleurs ce procédé, poussé à l’extrême, qui est utilisé dans les reportages télé où des personnes se confient de façon anonyme.

Dans l’image du centre, le ciel était couvert, ce qui donne une exposition plus égale de son visage et de son environnement, plutôt neutre. Dans l’image de droite, on distingue l’ombre de son chapeau sur son front. Et si la poupée était humaine, elle aurait sans doute plissé les yeux puisqu’elle faisait directement face au soleil. Cette approche vous donnera une image plus égale de l’avant-plan à l’arrière-plan, mais n’est pas toujours confortable pour vos interlocuteurs. Et attention de vous placer pour ne pas qu’on puisse voir votre ombre et celle de votre caméra au sol.

Choisir la teinte en fonction de votre sujet

Selon votre réglage de balance des blancs, certaines de vos images seront bleues, vertes, jaunes ou même rosées. C’est à ce moment que votre directeur photo intérieur doit faire son travail. Il peut être extrêmement difficile de corriger des teintes de couleur dans des séquences vidéo. Autant le faire sur les lieux, au moment où vous tournez vos images.

La meilleure façon d’obtenir de bons résultats est de fixer manuellement la balance de blancs en fonction de la source lumineuse qui éclaire votre sujet. Si vous tournez à l’intérieur avec un sujet éclairé par une source incandescente ou fluorescente, vous devriez privilégier un réglage identique.

Même s’il y a une fenêtre dans votre arrière-plan et qu’on y distingue l’extérieur éclairé par la lumière du jour, votre sujet est à l’intérieur et c’est lui qui sera le centre d’attention de votre image. Si votre balance de blancs est réglée pour la lumière du jour, l’intérieur sera jaune si l’éclairage est incandescent ou vert s’il est éclairé par des fluorescents. À moins que vous choisissiez de donner une teinte jaune ou verte à toutes vos images prises à l’intérieur, pour qu’on les distingue bien de celles que vous faites à l’extérieur.

C’est là que s’opère l’art de votre directeur photo intérieur: faire des choix conscients basés sur des expériences avec les paramètres de votre caméra! Et si vous oubliez de changer votre réglage de balance de blancs quand vous changez d’environnement, vous pourrez toujours dire que vous avez tourné ainsi au nom de l’art cinématographique...