Les trois piliers de l’exposition: l’ouverture, la sensibilité et la vitesse

L’ouverture, la sensibilité et la vitesse sont les trois éléments essentiels qui contrôlent l’exposition d’une photo.

Tout l’art et la technique de la photo résident dans votre capacité de jongler avec ces trois valeurs, et leur effet sur le rendu de vos images.

L’ouverture

Tous les objectifs de caméras sont munis d’un diaphragme qui imite l’iris d’un oeil humain. Le diaphragme s’ouvre grand ou se referme plus petit pour laisser passer plus ou moins de lumière.

L’ouverture du diaphragme est graduée en crans, selon une formule mathématique qui provient de la taille de l’ouverture. Cette formule est une fraction. Les petits chiffres correspondent aux grandes ouvertures, et les gros chiffres aux petites ouvertures.

On dit qu’il y a un cran, ou un EV, entre les valeurs d’ouverture telles que 2, 2.8, 4, 5.6, 8, 11 et 16.

L’effet de l’ouverture?

Changer l’ouverture modifie la profondeur de champ, cette zone de l’image où il n’y aura pas de flou. Quand le diaphragme est grand ouvert, la zone de netteté est très limitée. Quand le diaphragme est refermé, la zone qui est nette devient très profonde.

Crédit pour la photo de l’ouverture: Jean-Jacques MILAN/Wikimedia Commons
La sensibilité

La sensibilité est le facteur d’amplification qu’on applique au capteur pour capturer la lumière disponible quand on appuie sur le déclencheur. Elle s’exprime en ISO. Plus l’index ISO est élevé, plus la caméra est sensible à la lumière. Chaque fois qu’on double la valeur ISO, on gagne un cran, ce qui permet de bâtir des équivalences entre le facteur ISO et l’ouverture.

L’effet de la sensibilité?

Si on augmente beaucoup la sensibilité du capteur, on fait un compromis sur la qualité globale du rendu de l’image.

La vitesse

La vitesse d’obturation déterminera la durée du «clin d’oeil» pendant lequel se prend la photo. On l’exprime en fraction de seconde. Chaque fois que la vitesse double ou diminue de moitié, l’effet sur l’exposition est de un cran, ou un EV.

L’effet de la vitesse?

Plus la vitesse sera courte, plus on figera le mouvement dans une courte fraction de seconde. Si on allonge la vitesse de prise de vue, on risque un flou provenant du mouvement de la caméra ou du mouvement du sujet.

Chacun de ces facteurs est dépendant des deux autres. Si on modifie une valeur d’un cran à la hausse, il faudra que l’un des deux autres change à la baisse pour que la photo soit encore bonne. Les caméras automatiques font ces ajustements seules, mais si vous observez leur action, vous ne tarderez pas à commencer à penser en photographe.

Ces trois notions assez simples en soi deviennent compliquées quand on essaie de les appliquer dans un environnement où on n’a aucun contrôle sur le matériel brut avec lequel tous les photographes travaillent: la lumière.

Hors d’un studio, quand on veut faire des photos dans des conditions «vraies», la quantité de lumière disponible réduira de beaucoup l’étendue des possibilités à la prise de vue. Par exemple, il sera très ardu de figer le passage d’une voiture dans la rue en soirée si elle est éclairée uniquement par des lampadaires. Généralement, plus on a de lumière, plus on a de flexibilité. Mais ce n’est qu’un début….